Martinique, Guyane, même combat mais…

12 jan
2010

qui n’a pas de véritables similitudes avec la Nouvelle-Calédonie. Certains ici semblent penser que les populations martiniquaise et guyanaise ont simplement refusé une plus large autonomie. Dans l’absolu, c’est …

effectivement ce qui s’est passé mais il faudrait peut-être ne pas se contenter de cet absolu et regarder à deux fois les différences entre là-bas et ici.

Sommairement:

La première d’importance est l’Histoire. Il suffit pour s’en convaincre de faire un tour sur l’internet et de lire tout simplement. Les premières populations non autochtones proviennent de l’esclavage et du commerce négrier ce qui n’est pas le cas chez nous.

La deuxième est géographique. Rien de commun entre l’île la plus proche du Paradis, perdue au milieu du Pacifique et la Martinique ou la Guyane proche du continent américain.

La troisième est économique. Certes nous avons le nickel, mais ce que l’on nomme le « vrai » commerce est  plus developpé là-bas: Tourisme, Agriculture, Pêche… Même si  le PIB de ces régions est loin d’atteindre celui du Territoire.

Enfin, mais la liste des différences n’est pas exaustive, le référendum auquel était appelée la population était plus proche de celui de la Polynésie que celui de la Calédonie.

Une autre différence de taille qui ne peut laisser indifférent, c’est l’appartenance de la Martinique et de la Guyane à ce que l’on nomme « les régions ultrapériphériques ». Elles sont au nombre de 7 et sont :

- les quatre départements d’Outre-mer que sont la Martinique, la Guyane, la Réunion et Guadeloupe,

- les îles Canaries qui font parties de l’Espagne mais sont autonomes.

- et les îles portugaises des Açores et Madère. Qui sont également autonomes.

Ces régions ultrapériphériques occupent une situation particulière au sein de l’Europe et bon nombre de leurs particularités ont été prises en compte depuis des années. Ces particularités ont été prises en compte en 1992 dans une déclaration annexée au traité de Maastricht, corrigée par le Traité d’Amsterdam qui reforce l’aide à ces régions afin de leur permettre une meilleure croissance économique et sociale.

Il est intéressant de constater cependant par l’expression des populations une défaite de la Gauche qui se veut pourtant encore « l’espoir » de demain.

On peut relever également que c’est d’une certaine manière une véritable défaite pour le LKP de Elie Domota et tous les partis d’opposition qui se verraient bien gérer les îles à leur manière.

La réponse apportée au référendum tient peut-être simplement en une phrase prononcée par une anonyme qui déclare ne pas faire confiance aux élus locaux. On comprend alors mieux qu’une large majorité a voté non au référendum. Il faut pour être juste également souligner que le taux d’abstention a été élevé, très élevé: près de 50% en Guyane et près de 45% pour la Martinique.

Il sera par contre intéressant de suivre le prochain référendum du 24 janvier qui portera sur la fusion des conseils régionaux des deux départements. Si la réponse est oui, cela voudra dire que s’unir rend plus fort. Et là existe une vraie différence avec la Nouvelle-Calédonie, ses trois Provinces et ses clefs de répartition.

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