Rendez-moi ma télé…Episode 7

3 jan
2010

Un épisode supplémentaire de ce livre qui verra, peut-être un jour, le jour justement. Une réponse à celui de Patrick Sébastien « Putain d’audience ». Mais avant, laissez-moi vous souhaitez, vous qui me lisez, une bonne et heureuse année 2010…

Les cités…

J’ai failli écrire « Ma cité ». Parce que j’en viens. Les cités à feu et à sang. Ben voyons! Des morts tous les soirs et des gangs qui se promènent entre les immeubles, armés jusqu’aux dents pour se faire un père tranquille qui rentre du boulot, ou allumer le feu comme le chante notre héros national franco-hélvético-belge Johnny.

La cité, çà tombe bien, je crois la connaître. Je dis « je crois » parce que la télé me la montre comme je ne l’ai jamais vue. Parfois, j’en arrive à avoir des doutes. La télé va dans les cités. C’est bien. Hein Harry Roselmack ? La Police, elle!, n’y va plus. Ah bon? Pourquoi? T’as déjà vu un jeune branleur de quinze ans venir faire le beau devant une matraque de CRS? Moi, non! Je rigole, c’est une boutade. J’en parle d’autant plus aisément que mon premier contact avec la Police, c’était justement avec une matraque de CRS. J’ai quinze ans. Et les matraques de l’époque sont, certes -décidément j’adore cet adverbe- différentes mais la douleur que tu ressens quand tu la prends dans le ventre ou derrière la nuque en essayant de te protéger n’a pas dû changer. Bref, je ne vais pas te raconter mes frasques de l’époque. j’ai oublié de te dire: Je n’étais pas un voyou, loin de là. J’étais même ce que l’on appelle un premier de la classe. Sans les lunettes et l’appareil dentaire. Ben oui, lorsque tu es fils d’immigré, habitant une cité, il te faut fournir plus d’effort que les autres, les fils de nantis. D’Auteuil, Neuilly, Passy comme disaient les Inconnus. Surtout quand ton père te répète qu’il te faut respecter le Pays qui t’accueille. Qaund tu viens de Sarcelles ou de Garges-les-Gonesse, forcément çà te laisse des traces indélébiles. A vie. Là, à cet instant, la Télé m’a fait pleurer et ce n’est pas son rôle. La télé s’arroge tous les droits et ce n’est pas non plus son rôle. La télé s’arroge tous les droits au nom du sacro-saint droit à l’information. Je veux bien tout ce que la télé et ceux qui la font voudront. Mais le droit à l’Info, c’est comme une pièce de monnaie. Tu ne peux pas et tu n’as pas le droit de ne parler que d’une face et généralement de celle qui t’intéresse. Uniquement de celle-là. Sinon, j’appelle çà de la désinformation, du sensationnalisme, de l’image à deux balles qui vont t’en rapporter cent, mille fois plus en coupures de pub et autres sous le prétexte que ce sont les gens qui veulent voir ces images. Ceux là mêmes qui sont tranquillement assis chez eux à siroter un soda qui- tiens!- passe justement en boucle à la télé pendant la pub.

Bon, je ne vais pas te mentir maintenant. Je ne l’ai pas fait jusqu’à présent. Il y a effectivement des problèmes en Banlieue. Je dirais même des problèmes de banlieues. Je le mets au pluriel parce qu’en périphérie de chaque grande ville, il y a une banlieue. mais il y en a toujours eu. Les bandes, je les ai toujours connues. Celle de la « Lutèce », du « 421″, des « Flanades » et j’en passe. Cà, c’était chez moi. Il y a toujours eu le grand qui se la joue belle devant les nanas et qui veut tout casser. Des fois, on va au centre commercial, histoire de voir si la bande d’à côté ne vient pas piétiner nos plates-bandes. Si tel est le cas, c’est « baston » assuré. Cà castagne. Sauf… Quand les CRS ont vent de la rencontre. Et là, c’est matraque. La télé n’en parlait pas parce que son rôle c’était d’éduquer, de faire rêver, de divertir, de faire voyager et surtout, surtout…d’informer. Avec justesse. Que la télé d’alors, avait de l’imagination et ceux qui la faisaient avec. La différence aujourd’hui? C’est la crétinisation des esprits et l’américanisation.

Harry, je t’aime bien mais quand tu demandes à un mec de banlieue s’il y a une identité de banlieue, tu as 30 voire 35 ans de retard. Je peux te répondre: Oui, bien sûr, il y a et il y a toujours eu une identité banlieusarde. Et c’est cette identité que je revendique. Je te rappelle que j’ai plus de 50 ans. Et je suis fier de cette banlieue qui est la mienne. Comme en sont fiers les Cacace, les Macchi, les Traore, les Cohen, les Gouvrions, les Beltrame, les Alos, les Zrinskakck et tous ceux qui ont grandi avec moi.

-Bien, là, Bruno, il va falloir que tu sois plus explicite quant à cet américanisation dont tu parles, parce que tout le monde ne va pas aimer et que les américains ne t’ont rien fait-

« A moi, ils ne m’ont rien fait, t’as raison. A la télé, si!!!! »

Une télévision américanisée.

Il y a de bonnes séries américaines et certaines sont loin de me déplaire mais leur impact est édifiant et devait faire frémir lorsque l’on sait que certaines tortures pratiquées en Irak, le sont parce que les soldats les ont vues à la télévision. Dans « 24 heures » avec le symphatique Jack Bauer -qui soyez attentifs, ne dors donc jamais- Il aura fallu une étude américaine pour confirmer ce que n’importe quel esprit sensé avait déjà deviné. Mais en matière de télévision comme dans tout ce qui se pratique désormais, il faut une étude pour apprendre ce que tout le monde sait. Question de bon sens. Ce fameux bon sens que je ne cesse de vouloir réveiller tant il me paraît perdu.

J’ai aimé certaines séries, j’en conviens. « Kojak » ou le chauve à la sucette ou « OK Corral ». J’oublais celui qui marchait en santiags avec sa winchester, comment c’était déjà? Ah oui! « Au nom de la Loi » avec Steeve mac Queen. Ces séries ne doivent pas dire grand chose aux plus jeunes parce qu’entre Prison Break -que je trouve très bien faite pourtant- et Desperates Housewives -j’aime bien la fille qui est mariée à un basketteur-, le sens de ces séries a beaucoup changé. Il a profondément changé. Pour les américains, ces séries ne sont peut-être que la retranscription télévisuelle d’une réalité qu’ils vivent au quotidien mais pour nous? Ces séries que l’on reprend, que l’on ACHETE allègrement à grand renfort de zéros avant la virgule, parce qu’elles seraient pour certains le reflet de ce qui se vit chez nous aussi.

Personne ne s’est jamais posé la question de savoir s’il existait une différence entre le vieux Continent et les States? Juste comme çà, pour voir.

C’est vrai qu’en France aussi, le pétrole coule à flots -hein J.R!- C’est vrai qu’en France aussi, les mecs se promènent dans la rue enfouraillés jusques dans le slip et se promènent le gun à la main dès qu’un barman refuse de leur servir un pastaga. C’est vrai que les Françasies, à l’image de leurs consoeurs américaines, n’attendent que le départ de leur cher et tendre pour s’encanailler avec leur jardinier. C’est vrai que la France est le reflet, en plus petit, de cette belle Amérique dont on n’a de cesse de nous vanter les mérites. parce que c’est sûr, tous les Français voudraient être Américains. Les séries américaines ont noyé la télévision française depuis des lustres. Tout n’y est pas réel ni rose. Pourquoi cela n’est-il jamais dit? Des exemples comme çà pris au hasard.

Un petit dernier pour la route: Allez celui-ci ne te fera pas de mal et si tu te fais contrôler par les gendarmes, tu pourras souffler tranquille, l’alcotest restera négatif. Parmi les séries qui marchent fort, il y a ce nouveau feuilleton -c’est vrai, tu ne sais pas ce qu’est un feuilleton depuis le temps que l’on te parle de séries- C’est comme une série mais en français dans le texte. La nouvelle série fortement inspirée de N-Y, section criminelle. C’est même plus que de l’inspiration puisqu’elle est considérée comme son adaptation française. je veux parler là de « Paris, Enquêtes criminelles ».

Quand tu sauras que N-Y, section criminelle est l’une des séries dérivées de « Law and Order » du sieur Dick Wolf et que ce dernier est considéré comme le maître de la série policière, quand tu sauras que Takis Candilis a été numéro 2 de TF1 et qu’en sa qualité de Directeur de la fiction, il avait un beau bureau sur lequel on pouvait trouver un petit mot de Dick Wolf sur lequel celui-ci le remerciait de la série adaptée, tu comprendras peut-être mieux où je veux en venir.

Jusqu’à cette série, on se contentait de diffuser à la télévision, les séries toutes faites que l’on doublait. maintenant on les adapte. Et on en fait une série française. Cà s’appelle sans doute l’évolution. Mais qu’on le veuille ou non, çà reste et çà restera ce que, moi, j’appelle le modèle américain.

Et lorsque les séries sont vraiment françaises, qu’elles ne sont pas policières, on les affuble d’un titre générique bien anglo-saxon, histoire d’avoir plus de télespectateurs, n’est-ce pas Bruno Solo. « Off Prime » je suppose que c’était obligatoire?! Même si cette série n’a fait qu’un tour sur elle-même. C’est vrai que cela sonne mieux à l’heure où il faut tout américaniser.

Si l’on parlait du rôle de la télévision dans l’apprentissage de sa lecture? Juste une suggestion, comme çà. Message en l’air comme ils disent…

Reprenons l’exemple de cités. J’ai parfois l’impression que certains en france, qu’ils soient à l’Information ou à l »Animation s’ingénient à tenter de rivaliser avec les séries diffusées. Dans le genre « ce qu’ils regardent sous la forme de feuilletons, on va leur montrer qu’ils le vivent au quotidien dans leur vraie vie »…

Et que ces séries sont effectivement le reflet du quotidien.

A l’image de ce que sont devenus certaines émissions de divertissement. Lorsque Marc Olivier Fogiel reçoit les membres d’une famille touchée de plein fouet par un fait divers lamentable, est-ce de l’Information, est-ce du divertissement, du voyeurisme, va savoir? Mais le divertissement, je t’en cause plus loin. Je parle de Marc-O juste pour qu’il m’invite à son émission quand ce bouquin sera en librairie et qu’il me faudra le promouvoir.

La suite la semaine prochaine…

 

 

 

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