Que les gros salaires lèvent la main…

24 déc
2009

ils pourront continuer de fumer. C’est la toute première réflexion que l’on peut se faire à l’annonce de la décision du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour ce qui concerne le prix du tabac. Une réflexion qui est immédiate à plusieurs titres…

D’abord l’augmentation annoncée: De 20 à 25%. Enorme et ridicule pour tous ceux qui ont suivi le débat métropolitain de ces dernier mois et qui se tiennent informés des discussions à travers le Monde dans les pays qui cherchent également à juguler les effets nocifs du tabac. Tous ne le font pas.

Ensuite parce qu’une telle décision, dans un Territoire où une majorité de la population active touche le SMG (rappelons que même augmenté dès 2010, il restera inférieur à son frère métropolitain!), n’affectera que ceux qui le sont déjà bien assez. Ceux qui n’ont pas d’emploi sont également fumeurs et ceux-là se verront pénalisés à fortiori.

L’argumentaire présenté pour expliquer une telle décision prête également à sourire.

D’une, parce que si cette décision a un effet dissuasif sur la consommation du tabac, à moyen terme, elle ne rapportera plus rien au Gouvernement et à plus long terme il faudra trouver un nouvel impôt pour obtenir les fonds que le tabac rapporte au pays.

De deux parce que toutes les études ont démontré que la consommation du tabac ne diminue quasiment pas au fil des augmentations et quelles que soient ces augmentations. Cela, nos dirigeants ne peuvent pas l’ignorer. Auquel cas, le sachant, ils jouent sur du velours se disant qu’il y a là un impôt facile à augmenter sans que personne ne rechigne à le payer.

Augmenter de la sorte le prix du tabac ressemble plus aujourd’hui à une vision à court terme qu’à une réelle recherche et un vrai pari sur l’avenir. Ceci étant, comme personne ne trouvera à redire, les cigarettes coûteront plus cher et cet impôt indirect permettra sans doute à certains de se faire plaisir.

Voilà pourquoi les gros salaires peuvent lever la main. Succinctement.

Une telle augmentation conduira sans nul doute, à deux effets bien plus pervers:

 Le premier sera une augmentation non négligeable de la consommation de cannabis qui on peut tout de même le souligner est gratuit en de trop nombreux points du Territoire (un pot de fleurs suffit). Dans un Territoire où le cannabis se veut, selon nos dirigeants, être un fléau, on peut se poser la question de savoir s’il ya véritablement eu débat.

Le second effet est évidemment la contrebande. Sur ce point, il est évident que nous ne verrons pas fleurir de nouveaux « Gorry le diable » passant les frontières au nez et à la barbe des douaniers ou gendarmes. Mais cette contrebande sera bien réelle quoi qu’on en dise. Le Territoire n’est pas suffisamment protégé quant à ses « frontières ». Au début, ce ne seront sans doute que quelques petits malins qui tenteront le coup. Mais cela pourrait devenir un véritable marché parallèle.

Enfin, si la santé des concitoyens avait été la première préoccupation de nos dirigeants, l’augmentation du prix du tabac aurait été accompagnée de mesures offrant aux fumeurs, désireux de s’arrêter, l’aide dont ils pourraient avoir besoin -patchs, substituts et autres moyens d’endiguer le manque de nicotine ou d’amoindrir les effets secondaires de tout sevrage -nervosité, irrascibilité etc- Mais de cela, visiblement il n’en a pas été question. Que nenni!

Quant à l’incidence du tabac sur la santé de la Cafat -sécurité sociale du Territoire- on sait parce qu’annoncé par ceux qui en ont la charge que cette dernière se porte à merveille. On ne peut donc pas nous faire le coup du « çà coûte trop cher au contribuable »

Alors que cessent les effets d’annonce et que soient prises de vraies décisions tenant compte de tout ce qui s’y rapportent et non simplement des décisions qui ressemblent plus à des coups de semonce dignes de certains pays qui sont tout sauf libéraux.

Hors le fait qu’il devient, à terme, sectaire de s’attaquer aux fumeurs, il y a en ce cas également des solutions plus souples qui conviendraient à tous. Et il y a des jours où l’on a envie d’entendre à nouveau le slogan « il est interdit d’interdire ».

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