Quand la Mondialisation tue…

11 sept
2009

photo SIPA

Elle le fait sans prendre de gants. Le dernier exemple en date dont les média nous parlent est celui d’un employé technicien de France Télécom mais l’exemple aurait tout aussi bien pu nous parvenir d’une autre grosse société. Et il y en a des exemples!. …

A ce jour et selon les sources d’un quotidien métropolitain, 17 cas de suicide ou T.S (tentatives de suicide) en moins d’un an et demi ont eu lieu chez la société citée en exemple.

Une fois de plus malheureusement, il faudra des années qui se compteront par dizaine sans doute, pour qu’il en soit autrement. Plusieurs motifs pour ces cas qui n’hésitent plus à franchir le pas. Celui de laisser derrière eux parfois une famille entière.

La mondialisation qui veut que pour survivre il faut aujourd’hui être plus compétitif que jamais. La rentabilité est un mot tabou que de nombreuses grosses entreprises réfutent. Cette rentabilité entraîne souvent une déconsidération des personnels. Une robotisation sournoise que l’on trouve à quasiment tous les niveaux de l’entreprise. Vous n’êtes plus Monsieur ou Madame mais simplement un « objet » à qui l’on a confié une tache sans même parfois savoir si vous êtes en capacité de la remplir.

Le marché du travail qui s’amoindrit parfois comme peau de chagrin parce que la technologie s’accroît. Une technologie qui ne prend surtout pas en considération les licenciements qui l’accompagnent. La crainte du chômage pousse doucement mais sûrement le salarié à tout accepter. Ses considérations et ses priorités ne sont pas les mêmes que celles du chef d’entreprise. Nous ne parlerons pas ici du rôle des syndicats qui ont perdu de vue leur essence même au profit, là également, d’avantages parfois sonnants et trébuchants pour certains de leurs dirigeants. C’est un autre débat.

Les Directions d’entreprise sont souvent à l’origine de ces suicides mais elles appliquent aujourd’hui la pensée « responsable -et encore- mais pas coupable« . Elles le sont pourtant par la pression, sans cesse augmentée, qu’elles exercent face aux enjeux économiques du quotidien. Combien sont les D.R.H qui appliquent aujourd’hui ce qu’ils ont appris et non ce que le « Patron » décide?. S’ils appliquaient ce qu’on leur a appris, il n’y aurait guère besoin de créer des cellules psychologiques au sein des entreprises. Pourtant nous en sommes là! Encore qu’à la décharge des DRH ce qu’on leur apprend aujourd’hui est différent de ce pour quoi la profession a été créée. Un seul exemple: Quel DRH aujourd’hui est en mesure de prévenir les troubles au sein de son entreprise? Et cela fait pourtant partie intégrante de leur fonction.

La privatisation des entreprises quasi généralisée modifie leur façon de travailler. Une privatisation qui empêche dans l’absolu tout contrôle sur leurs méthodes de travail et sur l’application des directives données. Une compétition acharnée existe alors entre des groupes qui ne songent plus qu’à augmenter leur chiffre d’affaire sans penser une seconde à celles et ceux qui permettent cette augmentation.

Enfin -c’est pour en finir- il ya ce que l’on appelle les petits actionnaires. Le mot est laché. Qu’en est-il exactement et qui sont-ils? Simplement des gens comme vous et moi qui ont quelques deniers mis de côté et qu’ils placent en achetant telle ou telle action d’un groupe ou d’un autre. Ces petits actionnaires sont, je le répète comme vous et moi. Ils sont inconnus et habitent probablement près de chez vous. C’est là où cette mondialisation qui tue a fait fort. Elle a fait en sorte que le « petit » se dresse …contre le « petit ». Ces actionnaires veulent et doivent obtenir des bénéfices en considération de ce qu’ils ont investi. Et devant eux, il est normal pour un groupe ou une grosse entreprise de pouvoir les rassurer et leur servir au moins une fois l’an du « on a fait ce qu’il faut, vous pouvez être satisfait! ». C’est vicieux au possible. Combien de PDG de groupes internationaux ont tenu le même langage à savoir: « nos actionnaires nous demandent des comptes! »?

Ce que ces petits actionnaires n’ont pas compris, c’est qu’ils se sont faits rouler dans la farine. Les profits qu’ils font et feront, leur permettront sans nul doute d’agrémenter leur vie de tous les jours et pour les mieux lotis d’acheter une villa à la montagne où en bord de plage, mais leur argent ne sert que le Groupe ou l’entreprise qui voit gonfler sa capacité monétaire en Bourse. Parce que la somme qu’ils auront investie le sera au nom du Groupe ou de l’entreprise!

Il faudrait plus d’un article pour expliciter ce qui est écrit mais la base est là. Celui qui le souhaite peut s’interroger et s’intéresser.

Enfin, et cette fois-ci c’est la bonne, je ne pardonnerai jamais à un patron qui viendra me dire que son employé s’est suicidé parce qu’il était malade, qu’il avait des problèmes familiaux, et que son couple ne marchait plus.

 

 

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